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Le prix Sakharov récompense deux dissidents iraniens
Mots clés : Prix Sakharov, Iran, Jafar Panahi, Nasrine Sotoudeh, Mahmoud Ahmadinejad


Par Delphine Minoui
Mis à jour le 26/10/2012 à 15:34 | publié le 26/10/2012 à 15:24 Réactions (2)

Jafar Panahi et Nasrine Sotoudeh. Crédits photo : ATTA KENARE/ARASH ASHOURINIA/AFP


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Le cinéaste Jafar Panahi et l'avocate Nasrine Sotoudeh, condamnés à de lourdes peines dans leur pays, ont été désignés vendredi par le Parlement européen.

C'est un coup de pouce aux penseurs libres d'Iran, sous pression renforcée depuis la répression des manifestations de l'été 2009. En décernant, ce vendredi, le prix Sakharov «pour la liberté de l'esprit» à Nasrine Sotoudeh et Jafar Panahi, le Parlement européen a voulu saluer la bravoure de ces deux dissidents iraniens. «Nous devons soutenir ces personnes contre un État qui ne respecte aucune des libertés fondamentales. Ce prix, c'est aussi un non très clair au régime iranien», s'est empressé de déclarer le président du Parlement, Martin Schulz, à l'issue de l'annonce.

Après avoir fait les gros titres de la presse internationale, la «vague verte» persane née de la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad a vite été rattrapée par le vent de contestation du printemps arabe. Pourtant, ni les arrestations massives d'opposants, ni les menaces répétées contre leurs familles n'ont entamé la détermination des partisans iraniens d'un changement démocratique. Timidement, courageusement, par le biais de lettres rédigées derrière les barreaux de la prison d'Evin ou de films bricolés dans un salon privé, l'avocate Nasrine Sotoudeh et le cinéaste Jafar Panahi sont devenus les emblèmes de cette «révolution silencieuse» qui continue à défier le régime de Téhéran.

Grève de la faim

À 47 ans, Nasrine Sotoudeh purge actuellement une peine de six ans de prison pour «atteinte à la sécurité de l'État». En fait, c'est sa détermination à défendre les prisonniers de conscience et les militants des droits de l'homme que les autorités iraniennes cherchent à lui faire payer. Preuve de son courage, et malgré de vives inquiétudes sur son état de santé, elle a récemment entamé une nouvelle grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et l'interdiction de recevoir la visite de ses enfants.

Jafar Panahi, 52 ans, a été condamné à six ans de prison en décembre 2010 pour avoir affiché son soutien en faveur du principal rival d'Ahmadinejad, Mirhossein Moussavi. Libéré sous caution, il est frappé d'un interdit de quitter le territoire iranien et de faire des films dans son pays. Autant de restrictions dont il s'est discrètement accommodé en réalisant, l'année dernière, un long-métrage entre les quatre murs de son appartement téhéranais. Intitulée «Ceci n'est pas un film», son œuvre cinématographique fit alors le voyage jusqu'en France sur une clé USB dissimulée dans un gâteau pour être projeté au Festival de Cannes.

L'annonce du prix Sakharov intervient à la veille d'un voyage controversé d'une délégation d'eurodéputés de gauche, du 27 octobre au 2 novembre, auprès du Parlement iranien. Selon Martin Schulz, cette visite reste non seulement à l'ordre du jour, mais elle permettra également aux visiteurs d'emporter les lettres de félicitations aux lauréats du prix Sakharov.

«Si les autorités iraniennes empêchent une rencontre avec les lauréats, les délégués du Parlement européen interrompront immédiatement leur voyage et quitteront l'Iran», a-t-il prévenu.


http://www.lefigaro.fr/international/2012/10/26/01003-20121026ARTFIG00526-le-prix-sakharov-recompense-deux-dissidents-iraniens.php

Le Prix Sakharov aux Iraniens Jafar Panahi et Nasrin Sotoudeh

Par LEXPRESS.fr, publié le 26/10/2012 à 11:59, mis à jour à 12:12
Parlement européen - Le Prix Sakharov a été remis aux iraniens Jafar Panahi, réalisateur et Nasrin Sotoudeh, avocate .

Le cinéaste Jafar Panahi et l'avocate Nasrin Sotoudeh ont reçu le prestigieux prix pour la liberté de l'esprit remis par le Parlement européen. Le Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit récompense chaque année un défenseur des droits de l'homme et de la démocratie. Il est choisi par les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen .

Nasrin Sotoudeh est l'une des grandes figures de la défense des droits de l'Homme en Iran où elle a été condamnée et emprisonnée pour son action notamment aux côtés du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi. Cette mère de famille de 47 ans, issue de la classe moyenne religieuse iranienne, a été condamnée en janvier 2011 à 11 ans de prison et 20 ans d'interdiction d'exercer son métier d'avocate pour "actions contre la sécurité nationale et propagande contre le régime", deux chefs d'accusations utilisés fréquemment par la justice iranienne pour condamner des opposants .

Détenue depuis août 2010 à la célèbre prison d'Evine, dans le nord de Téhéran, où sont regroupés de nombreux prisonniers politiques, l'avocate n'a pas cessé son combat, menant deux grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention, notamment l'interdiction de voir ses deux enfants, un fils de trois ans et une fille de 11 ans .

Le cinéaste Jafar Panahi, 52 ans, connu pour ses satires sociales, est l'un des cinéastes de la "nouvelle vague" iranienne les plus connus à l'étranger, où il a reçu de très nombreuses récompenses, notamment aux festivals de Cannes, Berlin ou Venise .

Il a été condamné à six ans de prison et vingt ans d'interdiction de faire des films, de voyager ou de donner des interviews en 201. Cette année là, au festival de Cannes, il avait été symboliquement appelé à faire partie du jury, sa chaise restant vide pendant la remise des prix .

Outre le cinéaste Jafar Panahi, nominé conjointement avec l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, les Pussy Riot avaient été nominées ainsi que le militant biélorusse, pour la défense des droits de l'Homme emprisonné Ales Bialiatski, l'avocat des chrétiens du Pakistan, Joseph Francis et un groupe de trois opposants rwandais actuellement emprisonnés: Victoire Ingabire Umuhoza, Déogratias Mushayidi et Bernard Ntaganda .

Le Prix du Parlement européen pour la liberté de l'esprit récompense des personnalités qui luttent contre l'intolérance, le fanatisme et l'oppression .

Remis chaque année depuis 1988, il a récompensé l'an dernier des activistes du Printemps arabe .

www.7sur7.be/.../Le-Prix-Sakharov-aux-Iraniens-Jafar-Panahi-et-Nasrin-Sotoudeh.dhtml

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