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Le communiqué de la police iranienne, largement diffusé par la presse locale, est sans appel. «Nous ferons face à tout rassemblement ou cérémonie hors des campus des universités, car ils sont illégaux.» Six mois après la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, le pouvoir est en train de passer à la vitesse supérieure pour étouffer les voix contestataires. À l'approche d'une manifestation, prévue lundi en Iran, il multiplie les mises en garde à l'opposition. Pensant dissuader les plus téméraires, les autorités ont fait arrêter, dès le début du mois, des dizaines d'étudiants. Dimanche, plusieurs membres de l'association des Mères en deuil - composée de mères de manifestants tués pendant l'été - ont également été interpellés et arrêtées lors de leur rassemblement hebdomadaire dans un parc de Téhéran. Dans les rues, la présence policière a été renforcée tandis que de nombreuses liaisons Internet ont été interrompues ou sérieusement perturbées pendant tout le week-end.

«Les autorités font tout pour nous décourager», confiait, dimanche, par courriel, Sima, une opposante iranienne, qui continue à soutenir ouvertement Mir Hossein Moussavi, principal rival d'Ahmadinejad lors du scrutin du 12 juin dernier. Après six heures de déconnexion, son courriel a finalement pu se glisser à travers les mailles de la censure. «Je prévois de manifester, même si je sais que c'est risqué», dit-elle. Depuis le début des troubles électoraux, la jeune femme ne manque aucune occasion pour descendre dans la rue et exprimer sa colère : fêtes religieuses, rassemblements officiels…

Baptisée «Journée des étudiants», la manifestation de lundi commémore, chaque année, la mort de trois étudiants, le 7 décembre 1953, sous les balles de la police de l'ex-Chah d'Iran, lors d'une manifestation antiaméricaine.

30 journalistes emprisonnés


Mais la confrontation s'annonce plus que jamais violente. Selon Sima, de nombreux Iraniens ont directement reçu, par texto, des lettres de menace de représailles s'ils s'avisaient de descendre dans la rue. En parallèle, l'étau se resserre sur les journalistes. «La situation de la liberté de la presse s'aggrave de jour en jour en Iran», déplore l'association Reporters sans frontière. Près de 30 journalistes et blogueurs sont actuellement derrière les barreaux, et des dizaines de jeunes reporters iraniens se sont enfuis du pays, par crainte d'être inquiétés. «Les journalistes qui ont choisi de rester dans le pays sont sans cesse menacés ou convoqués par les services de renseignement», ajoute l'organisation internationale.

Dans le même temps, les restrictions imposées à la presse étrangère se renforcent. On a interdit aux rares journalistes occidentaux encore en poste à Téhéran de couvrir les manifestations, et ils ont été prévenus, par le ministère de la Culture, de l'annulation temporaire de leurs accréditations, du 7 au 9 décembre. Une éventuelle entrave aux règles en vigueur peut coûter cher. Arrêté lors d'une précédente manifestation, le 4 novembre dernier, un journaliste de l'AFP a été incarcéré pendant plusieurs jours avant d'être libéré.

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07/12/2009 | Mise à jour : 10:14 | Ajouter à ma sélection http://www.lefigaro.fr

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letzte Änderungen: 15.4.2016 9:31