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M. X", l'escroc qui ébranle la République islamique d'Iran

LEMONDE.FR avec AFP | 14.09.11 | 16h29 • Mis à jour le 14.09.11 | 17h59


Les autorités judiciaires l'appellent "M. X." Présenté comme un homme d'affaires bénéficiant de nombreuses complicités, cet Iranien est l'auteur d'une des plus grande fraude de l'histoire de la République islamique. Depuis 2009, il a soutiré quelque 28 000 milliards de rials (environ 1,9 milliard d'euros) au système bancaire de son pays en utilisant de fausses lettres de crédit censées émaner de la banque Saderat, l'un des principaux établissement iraniens.



Avec l'argent ainsi récolté, M. X. a pu mener de nombreuses opérations à son profit, et notamment racheter l'une des principales aciéries du pays. Selon le gouverneur de la Banque centrale iranienne, l'escroc a même tenté de créer sa propre banque, mais d'après l'agence Fars, on lui en a refusé l'autorisation. Sa fraude, dont tous les détails ne sont pas encore clairs, a été découverte début août, a indiqué à l'agence officielle Irna le directeur de la banque Saderat, Mohammad Jahromi. Sept autres établissements financiers en ont été victimes.

D'après les premiers éléments de l'affaire révélés par certains médias iraniens, le scandale éclabousse jusqu'au cabinet du président Mahmoud Ahmadinejad. Plusieurs journaux ont publié mardi une lettre attribuée au principal conseiller et directeur de cabinet de Mahmoud Ahmadinejad, Rahim Esfandiar Machaie, dans laquelle ce dernier fait pression auprès des ministres des finances et des transports pour faciliter les opérations de M. X.

UN PROCHE D'AHMADINEJAD IMPLIQUÉ

Rahim Esfandiar Machaie est depuis plusieurs mois la cible d'une violente campagne de l'aile dure du camp conservateur religieux au pouvoir en Iran. Ses détracteurs l'accusent de diriger un mouvement "déviationniste" visant à renverser le régime et demandent au président de s'en séparer.

Evoquant "une propagande massive, qui permet aux vrais voleurs de s'échapper", Mahmoud Ahmadinejad a répondu aux soupçons qui pèsent sur son conseiller en accusant ses adversaires de mener "une guerre médiatique et politique à coups de mensonge et d'accusation". En juin, après plusieurs arrestations dans l'entourage de M. Mashaie et d'autres membres de son équipe, le président avait affirmé que la mise en cause de son gouvernement constituait une "ligne rouge" que la justice ne devait pas franchir.

Il a réclamé mercredi à 14 septembre à la justice une enquête "honnête" pour "identifier les responsables, qu'ils appartiennent à l'exécutif, au Parlement, à l'institution judiciaire ou au clergé". Des propos prononcés lors d'une visite à Ardebil mais qui n'ont pas diffusés en direct par la télévision d'Etat – laquelle dépend du Guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei – contrairement à une règle jusque-là intangible pour les tournées provinciales du président.

"Toutes les personnes impliquées dans cette affaire ont été arrêtées", a indiqué le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, sans préciser leur nombre ni si le mystérieux M. X. en faisait partie.

D'après le site d'information Tehran Bureau, l'escroc ne serait autre qu'Amir Mansoor Khosravi, un prospère homme d'affaires et actionnaire majoritaire de l'entreprise Traverse, la plus importante compagnie ferroviaire d'Iran.

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