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La tension monte autour du nucléaire iranien

Le Point.fr - Publié le 06/11/2011 à 17:17
Le rapport de l'AIEA sur le programme nucléaire iranien est attendu mardi. L'Iran le récuse, tandis qu'Israël évoque une éventuelle frappe préventive.

Rarement un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique aura été attendu avec autant de fébrilité que celui sur le programme nucléaire iranien. Prévu pour le mardi 8 novembre, il est précédé par la menace israélienne d'une éventuelle frappe militaire préventive contre l'Iran.

De sources diplomatiques occidentales, on indique que l'AIEA publiera des informations étayant les soupçons occidentaux quant à un caractère militaire du programme nucléaire iranien, et cela, malgré les dénégations de la République islamique qui affiche des objectifs strictement civils. De plus, l'Agence critiquera une énième fois "l'absence de coopération" de l'Iran et "le non-respect de ses obligations" en tant que pays membre de l'AIEA, en particulier la poursuite de l'enrichissement d'uranium, qui pourrait, à terme, lui permettre d'accéder à l'arme atomique, malgré l'injonction d'y mettre fin de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Informations "crédibles"

Mais, souligne-t-on de mêmes sources, le directeur général de l'AIEA, le Japonais Yukiya Amano, devrait s'abstenir de conclure définitivement dans un sens ou dans l'autre. Ce rapport sera soumis au Conseil des 35 gouverneurs de l'agence onusienne qui se réuniront les 17 et 18 novembre à son siège à Vienne.

Outre des éléments provenant de services secrets occidentaux, l'agence dispose aussi de photos satellitaires témoignant de la présence, sur la base militaire de Parchin, à 30 km de Téhéran, de ce qui pourrait être une installation nucléaire, précise-t-on de sources diplomatiques occidentales. Dans son rapport de septembre, l'AIEA avait déjà fait état d'informations "crédibles" concernant un possible aspect militaire du programme iranien et avait exprimé une "inquiétude grandissante".

Dénégations iraniennes

Par avance, le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a récusé une mise en cause par l'AIEA, "de plus en plus politisée" et "sous l'influence grandissante des États-Unis". Les "soi-disant révélations" sont fondées sur "des faux", a-t-il assuré. De leur côté, la Chine et la Russie, alarmées par les informations distillées, notamment de source américaine, sur le rapport à venir de l'AIEA, ont, fin octobre, tenté de dissuader Yukiya Amano de faire un rapport trop critique pour Téhéran.

Or les négociations avec l'Iran sont au point mort : les médiations russe et turque ont échoué et les discussions entre l'Iran et le groupe 5 + 1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU - États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine - plus l'Allemagne), interrompues en janvier, sont dans l'impasse. La responsable de la diplomatie de l'Union européenne, la Britannique Catherine Ashton, a bien adressé à la mi-octobre une lettre de relance à Téhéran, mais attend sa réponse

Juppé au créneau

C'est dans ce contexte qu'a rebondi en Israël un débat sur une éventuelle frappe militaire préventive contre l'Iran, coordonnée ou non avec les États-Unis et la Grande-Bretagne. Et, dimanche, le chef de l'État israélien, Shimon Peres, pourtant classé dans le camp des "modérés" à l'inverse du Premier ministre, le "faucon" Benyamin Netanyahou, a fait monter la pression en considérant que "la possibilité d'une attaque militaire contre l'Iran est plus proche qu'une option diplomatique".

La France, bien que très critique à l'encontre de Téhéran dans le dossier nucléaire, est aussitôt montée au créneau, le chef de sa diplomatie, Alain Juppé, jugeant qu'une attaque israélienne préventive "pourrait créer une situation totalement déstabilisatrice pour la région". "Nous avons pris des sanctions que nous ne cessons de compléter, on peut encore les durcir pour faire pression sur l'Iran", a-t-il suggéré.

Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA pourra soit saisir une nouvelle fois le Conseil de sécurité de l'ONU pour infliger à l'Iran une cinquième rafale de sanctions économiques et financières depuis 2007, encore plus sévères que les précédentes, soit accorder un nouveau délai à Téhéran, jusqu'à la réunion de mars du Conseil des gouverneurs, pour "coopérer pleinement".

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